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Comme vous vous en doutez, en pros de l’investigation que nous sommes, nous faisons tout notre possible pour vous tenir informé de l’avancement de l’affaire Vivier-Lefort.
Nous avons essayé tant bien que mal de rencontrer Margot Vivier-Lefort. Celle-ci ne souhaitant pas pour l’instant commenter les derniers évènements, elle nous a alors dirigé vers son chargé de communication : M. Dominique Ladoge…
Voici donc une interview exclusive du maître d’orchestre du « Silence de l’Epervier »…
M. Ladoge étant particulièrement bavard, vous retrouverez la deuxième partie de cette interview dans notre prochaine édition.

photo copyright Laurent Denis / France2
LJDE : Dominique, comment ce projet est-il arrivé jusqu’à vous ?
C’est la production qui m’a contacté. Les grands traits étaient déjà ébauchés. J’ai accepté la proposition pour le « pitch » (collusion entre pouvoir politique et presse à travers l’histoire de deux familles bordelaises) et Line Renaud elle-même. L’idée de travailler avec cette grande Dame me séduisait.
LJDE : Line Renaud est l’initiatrice de cette série, mais concrètement combien de temps prend l’élaboration d’un tel projet ?
Un an et demi.J’ai été contacté aux alentours de novembre 2006 pour une fin de « fabrication » du film fin décembre 2007. Le projet était alors sous forme de synopsis. Je l’ai accepté sous la condition de pouvoir retravailler le texte avec les scénaristes. Donc, beaucoup d’écriture pour les scéarii, une très grosse préparation car en télévision, nous tournons vite et l’improvisation n’a pas sa place et une post production en conséquence.
LJDE : Expliquez-nous un peu quel est le rôle d’un réalisateur sur un tournage ?
Le rôle d’un chef d’orchestre.Il est le garant de la cohésion artistique d’un film, de son point de vue, de sa grammaire, de son rythme etc. Cela va de la teneur du texte, en passant par le choix de l’équipe technique, des comédiens, des décors, des costumes, choix du cadre, mouvements de caméra jusqu’à la direction artistique musicale et plus généralement sonore. Il détermine le découpage technique du film, son nombre de plans, « dirige » les comédiens.
LJDE : Vous nous avez donc décrit votre rôle sur le tournage. Mais le clap de fin étant donné, quelle est alors votre fonction ?
Diriger le choix des rushes (choisir les bonnes prises puisque l’on tourne évidemment plusieurs prises par plan), diriger le montage, parfois réorganiser des séquences entre elles, changer leur chronologie quand cela est possible pour des raisons de rythme, d’efficacité, diriger les post synchronisations (des dialogues entiers sont réenregistrés en studio en raison de la mauvaise qualité du son : séquences en extérieur inutilisables à cause de bruits de circulation, avions, bruits urbains divers etc), diriger la musique, l’étalonnage (travail effectué sur l’image dont on modifie considérablement les densités, couleurs, contrastes etc), les effets spéciaux s’il y en a…Et bien sûr, le film fini, je suis de très près la promo. Mais c’est moins important en télévision qu’en cinéma.
LJDE : Juste après la diffusion de la série, celle-ci sera disponible en DVD. Avez-vous votre mot à dire quant à son élaboration ?
J’ai mon mot à dire sur tout ce qui touche directement ou indirectement au film que je signe. Donc également sur l’aspect et le contenu du DVD.
LJDE : Si vous le voulez bien, reparlons un peu du tournage. Comment se déroule une journée « type » ?
S’il s’agit d’une journée de tournage « standard », c'est-à -dire 9 heures / 18 heures :Lever 5h30. Relecture de toutes les scènes que l’on a à tourner dans la journée (se ré-imprégner des enjeux, des liens – très nombreux – entre les protagonistes, des chronologies évènementielles etc. (parfois un peu de réécriture sur les dialogues pour ajustement).Arrivée sur le plateau au minimum deux heures avant la plupart des techniciens, imaginer chaque plan de la journée en fonction de ses enjeux, de leur dynamique etc… Accueil des comédiens, et parfois un peu de répétitions avec ceux qui le souhaitent. Mise en place du premier plan à tourner, dernière répétition avec les comédiens et enfin le premier « tour de manivelle » de la journée. Arrêt déjeuner (d’une heure) aux alentours de 13 heures. Pour moi, déj en 15 minutes car je relis encore ce qu’il y aura à tourner dans l’après midi. Retour sur le plateau, et tournage jusqu’à 18h. Dans le meilleur des cas puisque très souvent, nous faisons des « heures supplémentaires ». Trop de choses souvent à faire dans une journée – c’est malheureusement les conditions financières des œuvres télévisuelles.S’il n’y a eu qu’une heure supplémentaire, départ du plateau vers 20 heures. Petite réunion avec mes assistants pour « débriefer » la journée et parler de la journée suivante. 21 h, retour à l’hôtel, dîner en chambre le plus souvent pour « ne pas perdre son temps » dans un restaurant et ensuite deux heures de lecture des rushes – sous forme de DVD - qui arrivent chaque jour du laboratoire. Il est nécessaire de contrôler ce que l’on a tourné (techniquement et artistiquement). Cela nous amène vers 0h, moment conseillé pour se détendre et récupérer un peu d’énergie car le réveil sonnera 5 heures et 30 minutes plus tard. S’il y a plus d’une heure supplémentaire au tournage, opérez la soustraction des heures de sommeil. Il m’arrive souvent de ne dormir que 3 ou 4 heures par nuit.Durée du tournage : 4 mois !
LJDE : Le tournage se déroule à Bordeaux et notamment dans un très beau domaine viticole. Comment avez-vous repéré les lieux ? Pourquoi Bordeaux ?
Bordeaux était une partie intégrante du scénario. (Présence du monde vinicole, tradition politique et existence d’un très grand quotidien régional français).Les repérages se font en relation très étroite avec des assistants bordelais, issus et travaillants dans la région. Ils la connaissent bien, cela gagne du temps. En fonction du scénario, et des directions données par le réalisateur, ils cherchent et proposent des lieux, des décors. Je fais le tri et lorsque des propositions me semblent intéressantes, j’effectue un raid dans le bordelais pour visiter les décors. Soit, cela est bon et je donne mon accord, soit les assistants poursuivent leurs recherches jusqu’à ce qu’ils trouvent.
LJDE : Le tournage devait normalement durer 4 mois. Comment fait-on pour réussir à tenir le planning de tournage avec tous les aléas qui peuvent se présenter ?
On fait pas mal d’heures supplémentaires comme je l’ai expliqué précédemment. Pour des aléas plus importants comme une maladie d’un des comédiens, nous sommes amenés parfois à bouleverser le plan de travail et à anticiper des séquences pour en retarder d’autres. Mais tout doit absolument tenir dans le temps imparti.
LJDE : La pression nÂ’est-elle pas alors trop forte ?
Elle est très forte et permanente. Mais je suis payé pour ça.
LJDE : En parlant de pression, le budget des fictions tournées pour la télévision publique est souvent limité. Comment fait donc un réalisateur pour s’en accommoder ?
En partant aux États-Unis.Non. Je plaisante. C’est une partie extrêmement importante de ses prérogatives : assurer un juste équilibre entre les ambitions artistiques – toujours grandes – et les réalités financières. On nous demande de dépenser 10 mais de montrer 100.
LJDE : Quels pôles de dépenses ont été les plus importants ?
Comédiens et décors. …
Si vous voulez savoir comment est Line Renaud sur un tournage, comment était l’ambiance sur le tournage ? Alors, ne manquez surtout pas la deuxième partie de cette interview exclusive que nous a accordée Dominique Ladoge. Vous la retrouverez demain dans les pages de votre journal préféré.
KÂ’ro et Grem
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