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Chers lecteurs,
Comme vous le constatez, depuis plus d’une semaine, nous suivons de près tout ce qui touche à l’affaire Vivier-Lefort ainsi qu’au tournage du « Silence de l’Epervier »…
Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais depuis cette après-midi, ce journal a maintenant un fond sonore… Il s’agit du générique de la série composé par Nicolas Jorelle.
Nicolas Jorelle a déjà travaillé sur plusieurs séries, films et albums… et son C.V. est plutôt impressionnant… Je vous invite d’ailleurs à aller consulter sa page Myspace http://www.myspace.com/nicolasjorelle pour vous rendre compte de l’étendue de son talent.
Mais d’abord, je vous invite à découvrir le question/réponse auquel il a accepté de participer…
LJDE : Comment vous êtez-vous retrouvé à travailler sur ce projet ?
Nicolas Jorelle : C'est Dominique Ladoge qui m'a demandé de composer la musique de cette série, ayant déjà collaboré avec lui sur cinq de ses films dont " Les p'tits Lucas" pour M6 et " Les vauriens " pour France 3, une vraie complicité et confiance se sont instaurées entre nous.
Il est souvent difficile pour un réalisateur d'exprimer ce qu'il attend de l'apport musical dans son film. Il ressent la musique, l'imagine de façon sensorielle, c'est au compositeur de traduire cette émotion et ce désir. La discussion est alors très importante dans cette étape de création.
Mais Dominique est un vrai mélomane et travailler ensemble est du plus grand bonheur.
LJDE : Comment réalise-t-on le générique d'une série (sur base du scénario, des directives du réalisateur...) ?
Nicolas Jorelle : Lors de ces discussions et la lecture des scénarios, nous définissons ensemble la couleur de la musique.
Nous la voulons toujours très singulière au film. Si la musique des" Vauriens" utilisait l'orgue de barbarie ou "Les p'tits Lucas" une voix de femme aux consonances orientales, "Le silence de l'épervier" est quant à lui marqué par l'utilisation du cymbalum, un instrument qui ressemble à un piano à queue sur lequel on frappe les cordes à l'aide de petites baguettes.
Pour "L'épervier", Je souhaitais m'approcher au plus prés des séries des années 70/80, ou l'on trouve des sonorités très fortes et des thèmes mémorisables.
Il fallait ensuite convenir de la couleur des arrangements de cette musique. Le milieu de la presse et un vignoble... Dominique, lors du tournage, a fait enregistrer les sons seuls des presses d'un journal et des machines d'embouteillages pour me fournir cette matière sonore. Partant de cette base, j'ai utilisé le rythme de ces machines si caractéristiques comme base rythmique du générique. L'utilisation de percussions japonaises ( Tzaiko ) et des sonorités synthétiques de vrais synthétiseurs des années 70 pour illustrer le suspens, la tension, la dramaturgie, m'a semblé indispensable à la représentation de l'ensemble de la série.
LJDE : Un générique est composé à la fois d'une bande sonore et d'images. Les images du générique inspirent-elles la musique ou inversement?
Nicolas Jorelle : L'image du générique a été conçue sur la maquette de la musique. C'est assez rare pour être noté car il est très difficile d'arriver à coordonner les différents métiers dans le processus de fabrication d'un film pour la télévision, les temps sont courts et la charge de travail importante pour chacun.
C'est de la seule volonté et de l'initiative du réalisateur, de son souhait de démarrer le travail très en amont.
LJDE : Le générique dure 44 secondes... mais combien de temps sa réalisation a-t-elle pris?
Nicolas Jorelle : En cumulé, certainement une grosse semaine. D'une manière générale, le temps de composition d'un thème dépend de l'inspiration du moment... et là , forcément, l'on ne sait jamais.
Je n'ai trouvé qu'une seule méthode aujourd'hui pour éviter "la page blanche", je compose un thème, s'il ne convient pas je le jette et recommence à zéro, jusqu'à ce que je sois totalement convaincu. C'est, pour moi la méthode la plus rapide, et en télévision il faut être très rapide et productif : " Le silence de l'épervier" représente près de 4 heures de musique composée à l'image en trois mois et demi.
Voilà , comme ça, j’espère que vous en aurez appris un peu plus sur son métier… et je suis persuadée que vous ne regarderez plus un générique de film ou téléfilm de la même façon…
Un tout grand merci à Nicolas Jorelle pour sa gentillesse et sa disponibilité.
KÂ’ro
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